Vents de manifestations en Angola

Depuis le lundi 28 juillet 2025, l’Angola est secoué par une vague de manifestations d’une ampleur inédite. Parties d’une grève des taxis collectifs pour protester contre une nouvelle hausse de 30% du prix du carburant, les contestations ont plongé le pays – et surtout sa capitale Luanda – dans un climat de chaos et de tension rarement atteint ces dernières années.

Introduction   Depuis la fin de la guerre civile, l’Angola vit sous la double contrainte d’une économie largement dépendante du pétrole et d’un tissu social profondément fragilisé. Pays le plus urbanisé d’Afrique centrale, il affiche à la fois des ambitions de puissance régionale et une réalité quotidienne marquée par la pauvreté, la précarité, et de fortes inégalités sociales. Malgré une reprise de la croissance après plusieurs années de récession et des investissements dans la diversification (agriculture, mines, infrastructures), les fruits du développement profitent peu à la majorité de la population, tandis que le chômage, en particulier des jeunes, reste élevé. En 2025, la situation économique se tend à nouveau : la croissance ralentit à 2,4 % selon le FMI, contre 4,4 % en 2024, principalement à cause de la stagnation des prix et de la production pétrolière, alors même que le secteur reste le principal pourvoyeur de recettes d’exportation et de finances publiques. Les investissements publics tentent de soutenir l’activité, mais le poids de la dette et la dépendance aux ressources pétrolières limitent la marge de manœuvre budgétaire, tandis que les programmes de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté doivent composer avec les contraintes de la conjoncture mondiale et du climat. Dans ce contexte social fébrile, où le sentiment d’injustice s’accroît face à l’inefficacité des réformes et à la faiblesse de l’État-providence, la moindre mesure touchant le coût de la vie peut allumer la mèche : aussi, la forte hausse du prix du carburant à l’été 2025 a servi de catalyseur à l’explosion d’un malaise social latent et à une mobilisation populaire généralisée . Le déclenchement  C’est l’annonce, fin juillet, d’une hausse de 30% du diesel qui a mis le feu aux poudres. Les chauffeurs de taxi et minibus pivot fondamental du transport à Luanda, ont immédiatement lancé une grève illimitée, paralysant la ville. Privés d’alternatives de transport public,

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