Hashim Thaçi : de héros de guerre à accusé de crimes contre l'humanité

Cela fait maintenant cinq ans que l’ex-président du Kosovo, Hashim Thaçi, est jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant le Tribunal spécial pour le Kosovo, à La Haye. Depuis 2020, il est emprisonné et en attente de son jugement, prévu pour la fin de l’année 2025. Mais qui est cet homme et qu’est-ce qui lui est reproché ?

Jeunesse  Hashim Thaçi est un Albanais né le 24 avril 1968 dans la région de Drenica, dans la commune de Skënderaj, au Kosovo, alors province de la Yougoslavie. Il a grandi dans une famille nombreuse comptant six frères et deux sœurs. Passionné d’histoire, il a entamé des études d’histoire et de philosophie à l’université de Prishtina. Très tôt, il s’engage dans la lutte politique en tant qu’étudiant, alors que la situation au Kosovo devient de plus en plus tendue dans les années 1990, à la veille de la chute de la Yougoslavie. Il rejoint le Mouvement populaire du Kosovo (LPK : Lëvizja Popullore e Kosovës ), un mouvement politique qui visait à améliorer la situation des Albanais au sein de l’ex-Yougoslavie. Thaçi devient ensuite l’un des leaders du mouvement étudiant, à une période où les autorités de Belgrade ferment les institutions universitaires enseignant en langue albanaise. L’université de Prishtina commence alors à fonctionner en dehors du système officiel, et Thaçi y contribue activement en tant que vice-recteur étudiant, aidant à structurer un enseignement parallèle destiné aux jeunes Albanais. Période d’exil  Son engagement politique prend rapidement une dimension militante, puis militaire. Encore étudiant, il participe aux premières actions armées contre les forces serbes, ce qui fait de lui une cible recherchée par la police serbe. Il sera même, bien plus tard, en 1997, condamné par la justice serbe à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « atteinte à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie ». C’est pour cette raison qu’il s’installe en Suisse, d’abord à Lausanne, puis à Zurich, où il reprend des études d’histoire et de philosophie à l’université de Zurich. Mais son séjour n’a rien d’un simple exil étudiant : il s’y engage activement dans les réseaux politiques de la diaspora albanaise. En Suisse, il devient rapidement un membre influent du LPK ( Mouvement populaire du Kosovo ), chargé de relier les exilés aux mi

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