La CEDEAO : Chronique d’un rêve ouest-africain

La CEDEAO vise à promouvoir la coopération et l’intégration régionales afin de bâtir une union économique et monétaire entre ses États membres. L’objectif principal est d’élever le niveau de vie des populations, de renforcer la stabilité et de favoriser le développement collectif de l’Afrique de l’Ouest. Malgré des progrès, la réalisation concrète de ces ambitions reste limitée par les divergences nationales et les crises politiques qui freinent l’intégration régionale.

Introduction La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) incarne, depuis sa création en 1975, la volonté politique d’unir quatorze États indépendants à la recherche d’une stabilité économique et politique. La trajectoire de la CEDEAO mêle aspirations fondatrices, logiques de pouvoir, ambitions institutionnelles et un désenchantement progressif face à ses propres limites. Du projet panafricaniste aux lacunes de gouvernance, en passant par l’émergence de blocs concurrents tels que l’AES (l’Alliance des États du Sahel), l’histoire de la CEDEAO révèle les paradoxes de l’intégration régionale ouest-africaine. Voici une infographie représentant les 14 pays membres de la CEDEAO : Origines et genèse  La naissance de la CEDEAO s’inscrit dans la double dynamique de la décolonisation et de la multiplication des États africains à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Marqués par la fragilité économique, la dépendance aux anciennes puissances coloniales et la nécessité de sortir du « sous-développement », les chefs d’État ouest-africains cherchent dès le départ à construire les bases d’une coopération régionale, malgré les divergences idéologiques et les rivalités entre chefs d’États. Les prémices de la CEDEAO remontent à 1965, avec la première tentative avortée d’un accord de coopération économique entre la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. Mais il faut attendre le début des années 1970 pour qu’un véritable projet se dessine sous l’impulsion du général Yakubu Gowon, alors chef de l’État nigérian, et du général Gnassingbé Eyadéma, président du Togo, qui vont jouer le rôle de catalyseurs de la coopération ouest-africaine. À travers de multiples sommets et consultatives menées dans douze capitales différentes, Gowon et Eyadéma réussissent à rallier des dirigeants tels que Léopold Sédar Senghor (Sénégal), Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire), Mathieu Kérékou (Bénin), Moussa Traoré (Mali), Sangoulé Lamizana (Burkina

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