Depuis le déclenchement de la guerre USA-Israël contre l'Iran, l'Europe subit une crise énergétique qu'elle n'a pas choisie — gaz et pétrole en forte hausse, stocks au plus bas. Coincée entre les pressions de Trump et ses propres intérêts, elle refuse l'engagement militaire et négocie en coulisses avec Téhéran.
La scène se répète depuis trois semaines. Donald Trump réclame, l'Europe hésite, puis refuse. Le 14 mars, le président américain a publié sur Truth Social un message exhortant la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Japon et la Chine à envoyer des navires de guerre pour maintenir le détroit d'Ormuz « ouvert et sûr ». La réponse européenne fut sans équivoque. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, a constaté l'absence totale de consensus au sein de l'UE pour étendre la mission navale Aspides au détroit d'Ormuz. Le grand refus. Une guerre non sollicitée, une facture bien réelle L'opération « Epic Fury », lancée le 28 février par Washington et Tel-Aviv, visait la destruction des capacités balistiques iraniennes, la neutralisation du programme nucléaire iranien et, en filigrane, le renversement du régime. En moins de vingt-quatre heures, plus de neuf cents cibles ont été frappées. Les Européens n'ont pas été consultés. Et ce sont pourtant eux qui se retrouvent à payer une partie de l'addition. Le prix du baril de Brent a flambé, passant d'environ 72 dollars à près de 114 dollars entre le 27 février et le 19 mars. Le contrat de référence sur le gaz naturel pour l'Europe, le TTF, a bondi de 16 % jeudi 19 mars, après avoir brièvement dépassé les 74 euros par MWh — son plus haut niveau depuis début 2023. Et la situation pourrait être bien pire : l'Europe entre dans cette crise avec des stocks de gaz historiquement bas, aux alentours de 46 milliards de mètres cubes fin février 2026, contre 60 et 77 milliards lors des deux exercices précédents. Une vulnérabilité structurelle mise à nu Ce que révèle la crise d'Ormuz, c'est que la diversification énergétique menée depuis 2022 n'a pas résolu le problème de fond. Elle a simplement déplacé la dépendance de la Russie vers le Golfe et les États-Unis — deux zones géopolitiquement tout aussi instables. L'Europe obtient entre 12 % et 14 % de son gaz naturel liquéfié du Qatar via ce détroit. Et le risque ne se limite pas à
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