L'Alliance des États du Sahel (AES) : Rupture avec la CEDEAO et recomposition géopolitique en Afrique de l'Ouest

L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso, est née en 2024 dans un contexte de bouleversements politiques et sécuritaires. Cette alliance marque un tournant décisif dans la dynamique régionale de l'Afrique de l’Ouest, particulièrement dans ses relations avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les grandes puissances comme la France, la Russie et la Chine.

Fonctionnement et Objectifs L'AES repose sur une coopération renforcée en matière de sécurité, d’économie et de gouvernance. Parmi ses initiatives majeures figure la création d’une force conjointe de 5 000 soldats visant à lutter contre l’insécurité chronique dans la région sahélienne. L’objectif est d’assurer une réponse plus efficace face aux groupes terroristes qui prolifèrent, souvent en raison d’un manque de coordination des forces locales. Sur le plan économique, l'introduction de passeports biométriques et les discussions sur la création d’une monnaie commune montrent une volonté d’intégration accrue, malgré la rupture avec la CEDEAO, qui était jusqu’ici l’organisation référente en matière de coopération régionale. La décision de quitter la CEDEAO découle de divergences profondes sur la gouvernance et la souveraineté. Les sanctions imposées par l’organisation ouest-africaine après les coups d’État militaires dans ces pays ont accentué leur méfiance envers une CEDEAO perçue comme un instrument des intérêts occidentaux, notamment français. Cette rupture reconfigure l’équilibre régional en affaiblissant potentiellement l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest, tout en posant la question de la viabilité d’une intégration alternative sous l’égide de l’AES. En effet, l’économie de ces pays est fortement interdépendante avec celle de leurs voisins restés dans la CEDEAO, rendant toute transition complexe. Impact Géopolitique et Relations Internationales L’AES s’inscrit dans une dynamique souverainiste et panafricaine, entraînant en conséquence un certain rejet de l’influence française, symbolisé par l’expulsion des troupes françaises du Mali et du Niger, ainsi que la remise en cause des accords économiques historiques. Cette tendance illustre un rejet plus large du néocolonialisme et une volonté de diversification des partenariats internationaux. L’un des défis majeurs reste cependant de remplacer les apports économiques et militaires de la France par de nouv

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