Féminicides au Kosovo: faits isolés ou problème structurel ?

Le 23 avril 2026, au Kosovo, Naim Murseli et Granit Plavën ont été condamnés à la réclusion à perpétuité pour avoir organisé l’assassinat de Liridona Ademaj, épouse de Murseli. Ce crime a profondément choqué l’opinion publique et ravivé des inquiétudes concernant la protection des femmes dans ce pays des Balkans.

Selon ONU Femmes, le « féminicide » désigne un homicide volontaire dont le mobile est lié au sexe de la victime. Autrement dit, la victime est ciblée parce qu’elle est une femme. Ces crimes s’inscrivent souvent dans des contextes de domination masculine, de violences conjugales, de jalousie ou de refus de séparation. Dans cette affaire, le meurtre de Liridona Ademaj a été prémédité par son propre mari, ce qui correspond à une réalité largement documentée : à l’échelle mondiale, la majorité des féminicides se produisent dans un cadre intime, souvent par un partenaire ou un ex-partenaire. Des chiffres qui confirment l’ampleur du phénomène Les données disponibles viennent appuyer cette réalité. Un rapport publié en 2023 par Amnesty International met en évidence l’ampleur des violences domestiques au Kosovo. En 2022, sur les 2 764 cas enregistrés impliquant 2 817 victimes, 81 % étaient des femmes. Cette proportion est encore plus élevée dans les violences entre partenaires, où elle atteint 92,7 %. Dans le même temps, plus de 90 % des auteurs sont des hommes. Par ailleurs, le nombre de cas signalés à la police ne cesse d’augmenter ces dernières années, passant de 1 915 en 2019 à plus de 2 700 en 2023. Toutefois, ces chiffres restent probablement inférieurs à la réalité, car de nombreuses victimes ne signalent pas les abus par peur, dépendance économique ou pression sociale. Un cadre juridique solide sur le papier Sur le plan juridique, le Kosovo dispose pourtant d’un cadre relativement complet pour lutter contre les violences faites aux femmes. L’article 22 de la Constitution permet l’application directe de nombreux traités internationaux relatifs aux droits humains, notamment ceux des Nations unies et du Conseil de l’Europe. En 2020, une avancée importante a été réalisée avec l’intégration directe de la Convention d’Istanbul, qui fixe des normes strictes pour protéger les femmes contre la violence. Par la suite, le Kosovo a renforcé son engagement avec l’adoption de la

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