Les élections générales de 2025 en Tanzanie marquent l’un des épisodes les plus violents et controversés de l’histoire politique récente du pays. Elles ont mis en lumière à la fois la fragilité du processus démocratique tanzanien et la montée de l’autoritarisme, malgré une présidente arrivée au pouvoir avec des promesses de réformes et d’ouverture.
Contexte politique et l’ascension de Samia Suluhu Hassan Samia Suluhu Hassan est devenue présidente en mars 2021, succédant à John Magufuli après son décès brutal ; elle était alors vice-présidente du CCM, le parti qui dirige la Tanzanie sans discontinuer depuis 1977. Sa nomination, saluée à l’international, symbolisait l’espoir d’une transition plus inclusive et d’une rupture avec la répression de l’ère Magufuli. Première femme à diriger le pays, elle ouvre les premiers mois de son mandat par des gestes d’apaisement, réhabilitant certains opposants politiques, levant la censure sur des médias et amorçant un dialogue sur la révision de la Constitution. Cependant, le paysage politique reste verrouillé par le CCM, qui contrôle la plupart des organes clés de l’État, maintient son influence sur la Commission électorale et entrave l’émergence de contre-pouvoirs véritables. L’ouverture prônée par Samia Suluhu Hassan bute sur la résistance de l’aile dure de son parti et une société civile sous surveillance. Les réformes et leurs limites Les réformes engagées par la présidente ont visé à desserrer l’emprise de l’État sur la vie publique. L’interdiction des rassemblements politiques, imposée par Magufuli, est levée en 2023 ; la censure des médias et les poursuites contre les journalistes s’atténuent ; le dialogue politique reprend timidement avec les partis d’opposition. Sur le plan économique, Samia Suluhu Hassan tente également de relancer les investissements étrangers et d’améliorer le climat des affaires, des initiatives saluées par le FMI comme un signe de pragmatisme. Mais la présidente doit composer avec son propre camp : de nombreux cadres du CCM s’opposent à toute évolution politique profonde et refusent d’accepter une véritable alternance. L’appareil sécuritaire demeure aux ordres du parti, et le système institutionnel ne garantit ni l’indépendance des juges, ni l’équité des conditions électorales pour l’opposition. De la contestation électorale à la violence À l’a
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